Drapé dans l'ombre du crépuscule blafard,
Revenant du néant, je suis le vent
Amer qui gémit, ivre de sang.
Comme mes sombres frères les cafards,
Une nuit, je me glisserai sous
La porte de ta chambre.
Alors, je soulèverai tes cheveux d'ambre:
Nue sera ta gorge, nu sera ton cou.
Oseras-tu porter ton regard
Sur mon âme damnée,
Froide et vide de toute éternité?
Ecouteras-tu ce souffle qui t'égare?
Rouge et chaude est ta vie qui s'échappe,
Aspirée par une force plus ancienne que la mort.
Tu ne sentiras que l'amertume d'un baiser qui mord
Une chair pâle que ma langue lape.
Vois! Il t'attend, l'immonde tombeau
Accablé par l'humidité fétide.
Moi, je suis la pourriture livide,
Purulente, qui suinte entre les dalles du caveau.
Ici le vol de la chauve-souris noire
Rebondit dans la nuit que je hante.
Elle crache une bave sanglante
Sur le vide infect des miroirs.